Nous Offusquons Et Liquidons
Noël, Noël, Noël, on en parle, on critique, alors on écrit.
Nous Offusquons Et Liquidons
N.O.E.L. 25/12. Un symbole religieux –au départ païen- devenu populaire par une grande marque américaine de boisson. Réécrire des « Noël c’est über rebelle de ne pas aimer » ou « C’est mégalol naïf de croire en la kikoomagie » serait prendre les lecteurs pour des imbéciles qui aiment relire la même chose toujours non argumentée. C’est mieux de critiquer Noël pour être marginal que de le vivre et profiter pour être heureux. Le bonheur n’a jamais été à la mode. Mais passons. Ce n’est pas un pamphlet sur les hautes opinions sensuelles de rébellion et belles de noirceur qui vont suivre. Revenons plus haut. Noël c’est le 25. Eh bien, non ! Noël c’est plus que le vingt-cinquième jour du mois de décembre. Noël est devenu un tout. Et depuis fin novembre, on en bouffe du Noël. Pardonnez le verbe grossier, il est pourtant justifiable : les publicités pour les joujoux, les « tu vas avoir quoi à Noël ? » échangés dans le bus, les publicités pour les joujoux tout plats hautes résolutions et avec plein de pixels, les « ils veulent quoi tes gamins ? » échangés dans un mail fraternel mais aussi et surtout et ô mesdames, vous : les décorations. Les pères Noël se vendent, s’achètent et se pendent aux fenêtres, jusqu’à trois dans les plus belles maisons décorées du quartier. Ils sont faux, laids et morts. Par pitié, enlevez ces horreurs qui gâchent notre kikoomagie et permettent aux vrais à idées de se délecter d’une critique sanglante d’un vieux homme américain rouge et barbu sans défense. Sans oublier, nos très chères, chères, illuminations. Une ville digne de ce nom est un rassemblement de maisons avec décorations lumineuses dès début décembre dans les grandes artères mais aussi sur la façade de la mairie. Or depuis quelques années, toutes les demeures sont devenues des mairies. Et pire, on en fout même dans les arbres. 50 kilomètres d’ampoules pour illuminer la plus belle avenue parisienne dès qu’il fait nuit. Alors évidemment mettre Noël en été serait écolo et social, avec l’argent récupéré des heures d’illumination en moins, on pourrait gagner un peu plus d’argent et donc quelques tentes en moins de sans mairies fixes sur les quais. Ecolo et social, c’est über rebelle, ça. Allez, c’est pour nous ! Nous offusquons et liquidons ! Noël en été ! Mais c’est en oubliant notre DelaNoë préféré, qu’on tient cette utopie. Il a fait placer des ampoules écologiques. Jolie oxymore, admettons. Néanmoins, on peut aimer Noël, si si. Noël c’est avant tout une magie, un ange qui passe, un bien être, des bombes qui ne sifflent et ne tuent pas durant quatre années entre ces tranchées, des gens simples qui offrent leur repas et tendent la main aux campeurs des quais. Allons, et si on arrêtait de critiquer et qu’on profitait du sapin, du coin de la cheminée, de notre bonne action -nos sous donnés aux pompiers en échange d’un chat sur douze mois- , qu’on en profitait pour être heureux, dans notre cocon, à envoyer des textos aux copains et se dire : « Putain, j’suis bien. ». Et si Noël était une poésie où l’on offre des cercueils aux pères Noël pendus, tout simplement ?