[TEST- PC] - Runaway
Les développeurs madrilènes de Pendulo Studio ont eu la très bonne idée de ramener les jeux d’aventure old-school à la vie. Après un succès retentissant en Allemagne, en Espagne et en Autriche, Runaway : A Road Adventure semble emprunter la même voie en France. Sorti il y’a une vingtaine de jours dans l’hexagone, le jeu se classe plus qu’honorablement dans les charts français. Pari gagné pour...
Runaway appartient donc à un genre qu’on croyait enterré, le genre jeu d’aventure "point and click"…. Je résume en une phrase : dans ce genre de jeu, vous dirigez le héros à la souris dans un décor fixe en 2D, où vous devez faire fonctionner vos neurones pour vous dépêtre de situations épineuses qui se posent à vous. Les développeurs qualifient eux-mêmes leur jeu comme étant le "digne héritier des Chevaliers de Baphomet ou de la série des Monkey Island". Autant dire que c’est placer la barre haut…
Nous sommes mis dans le bain par une (longue) scène d’introduction qui nous fait un topo : vous êtes Brian Basco (BB), un genre de Woody Allen en un peu mieux, jeune et brillant étudiant new-yorkais en physique, sur le point de se rendre sur la côte Ouest pour rejoindre la prestigieuse université de Berkeley, le pied quoi. Mais, rebondissement : sur son chemin, il renverse avec son "bolide" une jeune femme (charmante et plantureuse au demeurant) surgissant d’une ruelle obscure. N’écoutant certainement pas autre chose que sa conscience, le brave entreprend d’amener la belle à l’hôpital.
Là, récupérant de son choc et avant de replonger dans un semi-coma, elle raconte son histoire à BB. On apprend donc qu’elle répond au doux nom de Gina Timmins et qu’elle est chanteuse au Pink Iguana, où son père vient justement de se faire tuer en subissant un interrogatoire plutôt musclé orchestré par les ignobles crapules de Sandretti (vu le nom, inutile de vous décrire leur secteur d’activité je présume). Ils tentaient apparemment d’en savoir un peu plus sur un mystérieux crucifix que lui aurait remis son père. Témoin de la scène et en possession de ce fameux crucifix, Gina court maintenant un grave danger. Se sentant un peu responsable et sans doute avec l’espoir légitime de "conclure" avec elle, notre Jean-Claude Duss (avec un « D » comme Duss) décide de la protéger.
Et voilou, l’histoire, la vraie, commence enfin pour nous. Le premier chapitre (sur les six que comptent le jeu) nous sert de mise en jambe pour la suite. On commence par la traditionnelle reconnaissance des lieux, on fouille, on réfléchit, on explore, on ramasse tout ce qu’on trouve dans l’espoir que ça serve et l’on se rend tout de suite compte de la simplicité enfantine de l’interface. Clic gauche pour regarder, clic droit pour interagir autrement avec l’objet (ou un personnage), hop, un petit tour dans l’inventaire (aucun raccourcis clavier pour y accéder, détail mais dommage), on combine ce qui peut l’être, et ô miracle, en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, vous voilà munit d’un mannequin de fortune fait avec des oreillers, un crâne et une perruque. Vous placez votre œuvre sur le lit juxtaposant celui de Gina, vous échangez les feuilles de soin, et voilà un parfait leurre qui trompera les deux gorilles sur la piste de Gina. Tiens justement, une cinématique intervient, ce sont eux ! Ils rentrent dans la chambre et tirent lâchement sur ce qu’ils croient être votre protégée, et repartent, les niais…Un peu de temps de gagner, c’est toujours ça…
Bon, je vais pas vous faire la soluce complète non plus, mais le ton est donné. À partir de là, une Road Adventure commence. Toujours accompagné de Gina, votre périple vous emmènera ensuite à Chicago, au musée municipal où vous tâcherez d’en savoir un peu plus sur ce mystérieux objet. Là, les choses se corsent un peu déjà, mais ça reste tout de même accessible au débutant. La difficulté se voulait croissante, mais au risque d’en froisser quelques uns (les risques du métier justement), je ne suis pas tout à fait d’accord. Les 3 premiers chapitres ont bien une difficulté crescendo, mais alors les 3 derniers, torchés en deux temps trois mouvements dis donc. Alors, à moins qu’un éclair de génie me traversâtes l’esprit, il me semble qu’il y’a un léger déséquilibre malgré tout.
Puisque j’aborde les petits défauts, autant continuer. Le scénario est rythmé par des cinématiques assez moches il faut admettre, contrairement au reste du jeu. Elles sont assez pixelisées et les mouvements de bouche des personnages est trop robotique. Un autre reproche qu’on pourrait leur faire, c’est leur longueur excessive par moments (même constat pour les dialogues), d’autant plus rageant qu’elles ne peuvent être zappées. Et enfin, une question qui reste en suspens à mes yeux…pourquoi se faire ch… à remplir 5 fois (allers retours entre le distributeur d’eau et la loco bien lourds) ce foutu réservoir d’eau de la locomotive dans le chapitre 3 ? m’enfin, je chipote je chipote, mais qu’on me dise pas que c’est pour le réalisme…
A la lecture du petit descriptif plus haut concernant l’épisode de l’hôpital , vous pouvez imaginer que les énigmes, qui sont tout de même la base d’un bon jeu d’aventure, sont somme toute logiques, certes certaines le sont, mais j’avoue qu’il y’en a d’autres qui sont légèrement tirées par les cheveux et il n’est pas rare, même pour les vieux routards, de rester bloquer à certains endroits. D’autant que certaines énigmes ne peuvent se résoudre qu’après un ordre précis d’actions effectuées, exemple : vous parlez à un personnage, vous retournez dans un lieu déjà visité, et paf, vous trouvez un objet qui n’était pas là avant…assez déconcertant. On ne manquera pas alors d’essayer toutes les combinaisons possibles entre les objets, d’imaginer des solutions encore plus loufoques que celles imaginées par les scénaristes, de fouiller tous les recoins jusqu'à épuisement, et immanquablement un "Mais évidemment, que jsuis con !" viendra couronner vos efforts. Mon dieu que c’est bon de retrouver ce sentiment. On appréciera aussi à sa juste valeur le scénario bourré de références au 7ème art (avec aussi un clin d’œil aux jeux d’aventures à la fin du jeu…bien sympa), les dialogues et les personnages décalés hauts en couleurs (une quarantaine de persos en tout). Ma préférence allant pour (j’ai hésité avec Joshua, l’illuminé) Willy le glandeur du musée, qui termine mal d’ailleurs…mais chuut.
Techniquement, c’est du beau boulot également. Les animations des personnages modélisées en 3D puis retravaillées en 2D sont superbes, de même que les 70 décors fixes qui parsèment le jeu. La résolution montant jusqu'à 1024x768, vous pourrez tous apprécier au mieux les graphismes cartoons très classes, le tout tournant sur des config datant de 1989. Côté audio, on est pas en reste non plus avec des morceaux sympas et une localisation (mot branché pour doublage) française mitonnée aux petits oignons par Focus, avec les voix de Cameron Diaz (Shrek…), de Laurence Fishburne (Morpheus dans Matrix), Will Smith ou encore Moe des Simpsons !
Test par Babos
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