Livre recommandé pour les mordus de suspence
Tel qu’annoncé, la populaire anthropologue judiciaire situe l’intrigue de son septième roman à Montréal. Elle s’inspire aussi des nombreux dossiers qu’elle a traités dans la Belle Province. Dans ce cas-ci, il s’agit de la découverte, il y a quelques années, de trois squelettes dans le sous-sol d’une pizzeria de la rue Sainte-Catherine. C’est d’ailleurs justement dans le sous-sol du commerce en...
Les fans qui ont lu les précédents romans de l’auteure, qui travaille une partie de l’année à Montréal et l’autre à Charlotte, en Caroline du Nord, ne seront pas surpris, ni déçus, par ce retour en forme. Dans Meurtres à la carte, Tempe est obsédée par les trois squelettes de jeunes femmes qu’elle a déterrés. Elle tient absolument à savoir quand, comment et pourquoi elles sont mortes. Pas question de s’en tenir aux conclusions hâtives du détective Paul Claudel, qui est persuadé qu’il s’agit de vieux ossements et que ça ne vaut pas le coup de perdre du temps à élucider ce mystère. Il n’en faut pas plus pour convaincre l’anthropologue judiciaire de s’accrocher à l’enquête. Elle consacre donc toutes ses énergies à trouver des réponses à ses questions. Et il semble qu’elle a raison de s’acharner puisqu’elle reçoit un appel étrange provenant d’une dame affirmant avoir des détails à lui raconter au sujet des ossements.
Une bonne part de Meurtres à la carte est aussi consacrée aux états d’âmes de Tempe, qui se pose mille et une questions au sujet de sa relation avec le détective Andrew Ryan. A-t-elle rêvé où est-il vraiment plus distant depuis quelque temps? Alors qu’elle n’arrive plus à se décider sur la conduite à suivre, Anne, sa meilleure amie, débarque à Montréal, en pleine dépression. Préoccupée par son amie, inquiète au sujet de Ryan, constamment furieuse contre Claudel, Tempe mène son investigation avec sa détermination habituelle, et n’hésite pas à mettre sa propre vie en danger pour trouver la vérité. Et c’est là que le bât blesse. Dans chaque roman de Kathy Reichs, Tempe finit toujours par être la cible du tueur. On a par conséquent l’impression de se faire servir du réchauffé. Tout n’est quand même pas noir, car en tant que telle, le déroulement de l’enquête est captivant, et la conclusion – les motifs ayant conduit aux meurtres – nous rappelle que, malheureusement, notre société est peuplée de spécimens complètement détraqués.
Même si les romans de Kathy Reichs n’ont plus le même effet de nouveauté, il faut quand même saluer l’impressionnant soucis du détail de l’écrivaine. Dans Meurtres à la carte, elle entraîne le lecteur à la découverte de Montréal, de son architecture et de son atmosphère comme jamais auparavant. Fait cocasse ; on dit souvent que les Québécois sont obsédés par la météo. Eh bien, on dirait que Kathy Reichs souffre dorénavant elle aussi de notre manie : le froid, la neige, les mauvaises conditions routières, tout y passe. Un bon divertissement.